La petite histoire des calendriers
L’histoire des calendriers est celle de la recherche, par les civilisations, d’un moyen fiable de mesurer le temps. Depuis les premières observations du Soleil et de la Lune jusqu’aux calendriers modernes, cette évolution s’étend sur plus de 5 000 ans.
Un calendrier toujours en évolution
Depuis plus de deux mille ans, les hommes ne se sont pas contentés d’utiliser les calendriers existants : ils ont constamment cherché à les améliorer. Derrière chaque réforme se cache le même objectif : créer un calendrier à la fois précis, simple et pratique.
Calendrier de la préhitoire
L’homme a toujours éprouvé le besoin d’élaborer des outils lui permettant de gérer le temps. Les premiers humains observaient les cycles naturels tels que l’alternance du jour et de la nuit, les phases de la Lune et le passage des saisons et ces observations lui étaient essentielles pour pouvoir ordonnancer ses activités telles que la chasse, l’agriculture et même ses rituels « religieux ».
En 1950, le géologue et archéologue belge Jean de Heinzelin de Braucourt a découvert en Afrique centrale un os gravé datant de plus de 20 000 ans. Connu sous le nom d‘Os d’Ishango, cet os gravé pourrait avoir servi à compter les jours ou les phases lunaires. L’Os d’Ishango est considéré comme l’un des plus anciens témoignages connus d’une activité mathématique de l’homme.
Le calendrier lunaire
Les premiers calendriers étaient souvent basés sur les phases de la lune. Les cycles lunaires offraient une mesure du temps relativement facile à observer, ce qui a conduit à la création de calendriers lunaires dans de nombreuses cultures anciennes.
Le calendrier Romain
Le calendrier romain est l’ancêtre direct de notre calendrier actuel. Selon la tradition, il fut d’abord composé de dix mois et de 304 jours, l’année débutant en mars. Vers 700 av. J.-C., le roi Numa Pompilius y ajouta les mois de janvier et de février. Cependant, ce calendrier demeurait imprécis et nécessitait des ajustements fréquents.
Le calendrier Julien
Instauré en 46 av. J.-C. par Jules César avec l’aide de l’astronome Sosigène d’Alexandrie, le calendrier julien remplaça le calendrier romain, devenu imprécis. Il fixa la durée de l’année à 365 jours, répartis en 12 mois, avec l’ajout d’une journée tous les quatre ans pour former une année bissextile. Sa durée moyenne de 365,25 jours était beaucoup plus proche de l’année solaire que celle des calendriers précédents. Toutefois, une légère différence d’environ 11 minutes par année entraîna un décalage progressif des saisons.
Le calendrier grégorien
Afin de l’aider à corriger les erreurs du calendrier Julien, le pape Grégoire XIII demanda conseil auprès de l’astronome et mathématicien italien, Aloysius Lilius (Luigi Lilio). C’est lui qui fut le concepteur du projet initial de réforme du calendrier.
Toutefois, vers l’an 1577 Luigi Lilio décéda avant l’adoption de la réforme qu’il proposait du calendrier Julien. Après sa mort, Grégoire XIII demanda que son travail fut repris par Christoph Clavius qui revérifia tous les calculs de son prédésesseur.
C’est en 1582 que le calendrier grégorien fut adopté. Lors de l’adoption du calendrier grégorien, dix jours furent supprimés afin de corriger le décalage accumulé par le calendrier julien depuis le Premier concile de Nicée. Du jeudi 4 octobre 1582 on sauta directement au vendredi 15 octobre 1582. Les jours du 5 octobre au 14 octobre 1582 n’ont donc jamais existés.
L'adoption du calendrier grégorien
Tous les pays n’ont pas adopté la réforme en 1582. Certains l’ont fait beaucoup plus tard. Par exemple, la Grande-Bretagne et ses colonies l’ont adoptée en 1752, en supprimant alors 11 jours (du 3 au 13 septembre), tandis que la Russie n’est passée au calendrier grégorien qu’en 1918, après la Révolution russe, en supprimant 13 jours. Cette adoption progressive explique pourquoi certaines dates historiques diffèrent selon que l’on utilise le calendrier julien ou grégorien.
Et les autres calendriers
Plusieurs calendriers ont marqué l’histoire et certains demeurent encore en vigueur. Chaque calendrier répond à des besoins différents et repose sur une logique propre. Voici les principaux :
Le calendrier hébraïque : calendrier luni-solaire utilisé par le judaïsme. Les mois suivent les phases de la Lune, mais des mois supplémentaires sont ajoutés à certaines années afin de maintenir les fêtes dans la même saison. Il compte 12 ou 13 mois.
Le calendrier islamique : calendrier strictement lunaire de 12 mois, totalisant 354 ou 355 jours. Aucun mois intercalaire n’est ajouté; les fêtes religieuses, comme le Ramadan, se déplacent donc progressivement à travers les saisons.
Le calendrier chinois : calendrier luni-solaire utilisé pour les fêtes traditionnelles. Les mois suivent les cycles de la Lune, tandis que des ajustements permettent de conserver l’accord avec l’année solaire. Le Nouvel An chinois est déterminé par ce calendrier.
Le calendrier persan (ou calendrier iranien) : considéré comme l’un des calendriers les plus précis au monde. Il débute à l’équinoxe de printemps et sa durée moyenne est extrêmement proche de l’année tropique. Il est utilisé officiellement en Iran et en Afghanistan.
Le calendrier maya : élaboré par la civilisation maya, il combinait plusieurs cycles, dont le Tzolk’in (260 jours), le Haab’ (365 jours) et le Compte long, servant à dater les événements historiques sur de très longues périodes.
Le calendrier républicain français : instauré pendant la Révolution française, il comportait 12 mois de 30 jours divisés en décades, auxquels s’ajoutaient 5 ou 6 jours complémentaires. Utilisé de 1793 à 1805, il fut abandonné en raison de sa complexité et de son incompatibilité avec les habitudes religieuses et civiles.
Ces calendriers montrent qu’il n’existe pas une seule façon de mesurer le temps. Certains privilégient les cycles de la Lune, d’autres ceux du Soleil, et d’autres encore cherchent à concilier les deux. Le calendrier grégorien s’est imposé comme calendrier civil international, mais plusieurs de ces calendriers demeurent vivants pour les traditions religieuses, culturelles ou nationales.
C’est dans cette longue histoire des réformes et des adaptations que s’inscrivent également les projets modernes de calendriers fixes et perpétuels, comme en fait foi le Calendrier Moderne Fixe qui est proposé aujourd’hui.
Quelques calendriers en visuel